Organisation mondiale de la santé
L’OMS coordonne actuellement la réponse mondiale aux cas de grippe A(H1N1) et évalue la menace de pandémie.
À partir du 24 avril, elle a fait paraître un bulletin d’information quotidien, voire bi-quotidien[55].
Le Comité d’urgence (regroupant une quinzaine d’experts internationaux) a tenu sa deuxième réunion le 27 avril 2009, au cours de laquelle ont été examinées les données disponibles sur les flambées confirmées de grippe A due au virus A(H1N1) aux États-Unis d’Amérique, au Mexique et au Canada. Le Comité a également examiné les informations faisant état d’une possible propagation à d’autres pays. Suivant le conseil du Comité, le Directeur général de l’OMS, Dr Margaret Chan, a pris les décisions suivantes :
Faire passer la phase d’alerte à une pandémie de grippe de la phase 3 à la phase 4 (signifiant que la probabilité d’une pandémie a augmenté, mais non qu’une pandémie est inévitable.)
Vu l’extension considérable du virus, il n’est pas réaliste de chercher à endiguer la flambée. Il convient actuellement de privilégier les mesures d’atténuation.
Le Directeur général a recommandé de ne pas fermer les frontières et de ne pas apporter de restrictions aux voyages internationaux. Il serait judicieux pour les personnes malades de remettre à plus tard les déplacements à l’étranger et pour les personnes présentant des symptômes à la suite d’un voyage international de rechercher des soins médicaux.
La production du vaccin contre la grippe saisonnière devait être poursuivie à ce stade, sous réserve d’une réévaluation suivant l’évolution de la situation. L’OMS facilitera le processus nécessaire à la mise au point d’un vaccin efficace contre le virus A(H1N1).
Toutes les mesures devaient être conformes à l’objet et à la portée du Règlement sanitaire international[56].
Le 29 avril 2009, le Directeur général de l’OMS, suite à la décision du Comité d’urgence, a pris les décisions suivantes[57] :
Faire passer la phase d’alerte à une pandémie de grippe de la phase 4 à la phase 5 (signal fort indiquant qu’une pandémie est imminente et qu’il reste peu de temps pour finaliser l’organisation, la diffusion et la mise en œuvre des mesures d’atténuation prévues).
Mettre en place des campagnes d’information de la population sous forme de recommandations de santé publique.
Appeler tous les États à mettre immédiatement en place leurs plans de gestion de la pandémie.
Appeler à maintenir une surveillance élevée, permettant une détection et un traitement précoces des personnes atteintes, ainsi qu’une vigilance des établissements de santé, afin de maintenir un contrôle de l’infection.
Rappeler aux gouvernements, aux différents ministères, à l’industrie pharmaceutique et à la communauté économique l’extrême urgence de se mobiliser pour effectuer certaines actions de lutte contre la pandémie.
Demander aux nations donneuses, à l’UNITAID, GAVI Alliance, la Banque mondiale, et à d’autres de mobiliser leurs ressources.
Mobiliser les fabricants de vaccins anti-grippaux, afin de contribuer à la production de vaccins contre la pandémie.
Demander aux fabricants de médicaments anti-grippaux de tout faire pour optimiser leur production.
Il a terminé son discours en rappelant d’une part la vulnérabilité des pays en voie de développement et l’importance d’une solidarité mondiale, et d’autre part que c’est bien l’humanité entière qui est menacée au cours d’une pandémie.
Suite à cette épidémie, l’OMS planifierait des modifications importantes dans son système d’alerte, plus spécifiquement des critères de passage de l’alerte 5 à l’alerte 6. Les critères actuels de la phase 6 prévoient une implantation durable du virus dans au moins 3 pays. Ceux-ci seraient, de l’avis général, déjà atteints depuis un bon moment et on peut déjà parler de pandémie. Cependant, le passage à la phase 6 prévoit aussi des mesures d’urgence exceptionnelles telles que la mobilisation internationale des laboratoires pour la production d’un nouveau vaccin. Ces différentes mesures seraient un frein considérable au combat contre les souches courantes de grippe qui sont pourtant, selon les observations recueillies, approximativement aussi dangereuses que la nouvelle souche et causeraient donc plus de mal que de bien dans le cas présent.
L’OMS prévoyait de tenir compte du danger approximatif du virus avant le passage en phase 6 pour éviter les mesures d’urgence et l’anxiété générale à l’annonce d’une pandémie, en intégrant la dangerosité (en termes de mortalité) dans les décisions de passage d’une phase à une autre[58].
Le 11 juin 2009, l’OMS a décidé le passage en phase 6, l’état de pandémie est déclaré
1. AD Le 24/06/2009 à 10:29
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