La létalité La létalité des différentes grippes est aussi très largement variable. Elle est notamment fonction des conditions de vie des populations, des types de populations, et des moyens sanitaires des pays dans lesquels ils vivent. Dans le monde, la grippe saisonnière tue chaque année entre 250 000 et 500 000 personnes[21]. En France, la grippe est responsable d'une centaine de mort par an [25] et elle en tue chaque année de l’ordre de 36 000 aux États-Unis[26]. Elle ne tue cependant que la fraction de la population la plus fragile : les personnes âgées, celles atteintes d’affections de longue durée ou les plus jeunes enfants[21]. Ce profil de létalité semble se dessiner pour la grippe A(H1N1) et pour les pays riches. Richard Besser, directeur des Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC) indique qu’il est : « encourageant de constater que ce virus n’avait pas l’air jusqu’à présent plus sévère qu’une souche de grippe saisonnière[27] ». Ces signes rassurants ne s’appliquent pas au Mexique. Si les proportions sont de natures différentes de celles des pays riches : 42 morts sur 1 112 cas confirmés au 8 mai 2009, ce n’est pas l’élément le plus inquiétant[21]. Les chiffres sont encore peu fiables, l’OMS indique que la récente croissance est essentiellement due à des biais statistiques et non une réelle évolution de la maladie[21]. Le docteur Richard J. Webby précise : « puisque les symptômes de la grippe A sont les mêmes que ceux d’une grippe saisonnière, cette létalité pourrait simplement refléter des centaines de milliers de personnes infectées qui auraient échappées aux officiels de la santé mexicaine »[28]. Le nombre réel de morts est probablement plus grand et 101 autres décès sont considérés comme suspects[29]. Au Mexique, les personnes gravement touchées ne font pas nécessairement partie de la population la plus fragile[30], cet élément qualitatif laisse penser à un profil de létalité différent de celui des pays riches. Si, depuis 40 ans, aucun pays riche n’a connu d’épidémie de grippe beaucoup plus létale que celle saisonnière, cet état de fait est différent pour les pays moins médicalisés. L’épidémie de Madagascar de 2002 avait fait 754 morts sur 30 304 cas notifiés[22]. Certaines régions du monde n’ont aucun moyen d’éviter une épidémie si elle se présente, et de soigner efficacement sa population. C’est le cas de la Somalie, ses centres médicaux sont détruits par la guerre civile. Le conseiller du ministre de la santé déclare que « Nous ne sommes pas préparés à gérer la grippe porcine… Que Dieu nous aide si la grippe arrive jusqu’ici[31] ». Pour ce qui est de l’évaluation totale des cas, Anne Schuchat du CDC évalue le 22 mai à 1 sur 20 le nombre de cas confirmé aux États-Unis. C’est-à-dire 20 malades pour chaque cas confirmé[32]. « En fait, une minorité de cas sont comptés individuellement ». Ce rapport n’est valable que pour les États-Unis et peut varier grandement d’un pays à l’autre (selon la façon dont sont conduits les tests[33]). C’est ainsi que le professeur John Oxford du Royaume-Uni estime pour sa part à 1 sur 300 les cas confirmés là-bas.
1. LUCIE Le 24/06/2009 à 10:25
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